8 avril 2017, l’entrée de Jésus à Jérusalem



Cet événement qui est célébrée lors de la fête des Rameaux, est présente dans les 4 évangiles en Matthieu 21, 1-10 ; Marc 11, 1-11 ; Luc 19, 29-40 et Jean 20 ,12-19, cette année nous lisons l’évangile de Matthieu.


1 ICONE RUSSE



Jésus est parti de Galilée où il est très connu. Il arrive au terme de son voyage accompagné de nombreux pèlerins pour la fête de la Pâque qui pour lui sera la dernière, il le sait, il l’a dit à trois reprises à ses disciples. Le voici face à Jérusalem. C’est la ville du grand Roi (Mt 5/35), (Ps 48/3) de cette royauté qu’il partage avec son Père. C’est aussi la ville qui tue les prophètes (Mt 23/37) et même : “il ne convient pas qu’un prophète périsse hors de Jérusalem.” (Luc 13/33) Son nom évoque donc à la fois la mort et la résurrection, ces deux aspects inséparables du visage de l’authentique Messie.

La résurrection sera son triomphe royal sur le Mal vaincu. En attendant Jésus va faire son entrée à Jérusalem, acclamé par la foule des pèlerins venus avec lui de Galilée. Parmi eux il n’y a pas d’habitants de Jérusalem ; on les trouvera plus tard, le vendredi saint, cette fois pour réclamer sa mort. Saint Matthieu a noté qu’ils ne le connaissaient pas : “Qui est-ce ? disait-on” et “toute la ville était en émoi.” (Mt 21/10) Le verbe grec "seio" traduit par "émoi" est une image très forte, celle d’un bouleversement sismique.

Revenons au récit de l’évènement raconté par les quatre évangiles ce qui est rare et en souligne l’importance. (Mt 21/1-9 - Mc 11/1-10 - Luc 19/28- 40 - Jn 12/12-19). Les différents détails qu’ils mentionnent évoquent tous la royauté et sont en référence à l’ Ancien Testament : le nom de fils de David, l’ânon, les vêtements jetés sur l’âne ou sur le chemin, la citation de Zacharie et le rite d’entrée dans la ville sainte emprunté à celui de la fête des tentes avec les branches d’arbres ou les palmes, le psaume 118 et l’hosanna. Jésus accepte qu’on le proclame ainsi Roi car sa royauté va devenir une réalité criante et doit être enfin proclamée publiquement. Aux pharisiens qui lui disent : “Maitre, arrête tes disciples !” Il répond : “Je vous le dis : s’ils se taisent les pierres crieront.” Examinons maintenant les détails dont le récit est composé.

FILS DE DAVID : la référence royale est évidente mais elle n’est jamais dans la bouche de Jésus qui se désigne lui-même comme le Fils de l’Homme. Elle sera reprise par la tradition postpascale. Durant la vie de Jésus elle rappelait trop le roi guerrier.

L’ÂNON : Jésus le réquisitionne, c’est un pouvoir royal reconnu de toute l’antiquité. Il s’agit d’un animal sur lequel personne n’est encore monté. C’est aussi un droit royal.

LES VÊTEMENTS : le fait d’étendre les manteaux se rapporte aussi à une tradition dans la royauté d’Israël. (2 Rois 9/13) Quand Jéhu est proclamé roi, les officiers de son Maître “prirent leurs manteaux et les étendirent sous lui ...ils sonnèrent du cor et crièrent Jéhu est roi.”

LE TEXTE DE ZACHARIE (9/9 cité par Mt 21/5 et Jn 12/15) “Dites à la fille de Sion : Voici que ton Roi vient à toi : MODESTE il monte une ânesse et un ânon, petit d’une bête de somme.” Un roi sur un âne, c’est plutôt, inattendu, mais le cheval est un animal qui rappelle trop la guerre ; Jésus n’est pas un Messie Zélote. Il est MODESTE, on aurait pu traduire "praus" par doux, humble, c’est le vocabulaire des " anawim " surtout dans les psaumes qui désigne " les pauvres de Dieu ". St Matthieu aurait pu continuer sa citation : “le roi monté sur un âne... retranchera d’Ephraïm la charrerie et de Jérusalem les chevaux : l’arc de guerre sera retranché.” Jésus est un roi pacifique et aussi un roi universel. “Son empire ira de la mer à la mer et du Fleuve aux extrémités de la terre.” (Zac 9/10)

PROCESSION D’ENTRÉE À JÉRUSALEM ET CELLE DE LA FÊTE DES TENTES. À l’époque de Jésus, selon Flavius Josephe, la fête des tentes était plus populaire que la Pâque et la Pentecôte. Elle avait aussi un aspect de " fin des temps ", c’est à dire messianique. Célébrant le passage du peuple au désert vivant sous des tentes, elle s’est peu à peu transformée en une préfiguration des tentes dans lesquelles les justes habiteront dans le siècle à venir. (Luc 16/9) Trois éléments dans l’évangile indiquent nettement que la foule utilise le rituel de la fête des tentes pour l’entrée de Jésus à Jérusalem : les branches d’arbres ou des palmes selon St Jean, le psaume 118 et surtout l’Hosanna conservé dans sa langue d’origine. Elle veut montrer ainsi que Jésus est bien le Messie. Le psaume 118 était chanté en procession ; au verset 27 nous lisons : “Serrez vos cortèges rameaux en main jusqu’aux cornes de l’autel.” Les évangiles ont retenu les versets 25 et 26. “Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient.” Aux origines il s’agit du pèlerin qui reçoit la bénédiction du prêtre près de l’autel, mais quand la fête a pris un sens messianique le “celui qui vient” devient le Messie. Le verset 25 est traduit dans la Bible de Jérusalem : “de grâce Yahvé donne le salut.” En hébreu " hoshi-ah-na, c’est le fameux Hosanna qui est devenu avec le temps une sorte de vivat à l’adresse du Messie qui doit retentir jusqu’aux cieux là où siège le Père. Ces deux versets du psaume 118 sont passés dans notre liturgie au Sanctus de nos messes. Dans ces évangiles du dimanche des Rameaux nous voyons pour la première fois Jésus revendiquer ouvertement son droit royal par des gestes symboliques. Il accueille favorablement les acclamations de la foule et lui donne raison contre les réclamations des pharisiens : “Maître arrête tes disciples.”. Il veut juste, avant le vendredi de la passion, montrer qu’il agit pour accomplir les promesses de l’Ancien Testament, autrement dit en Lui elles deviennent RÉALITÉ.


2 ENTREE DE JESUS A JERUSALEM de GIOTTO, 1303

Fresque, 200 x 185 en l’église de l’Arena à Padoue chapelle des Scrovegni :


Jésus, monté sur un âne sur les pas duquel les habitants de Jérusalem l’attendent devant la porte d’or, ils étendent leurs manteaux, Jésus est accueilli avec les branches d’olivier et de palmier. Un autre homme coupe des palmes, symbole du martyre ; le garçon debout devant l’âne du Christ en tient une à la main.

A l’arrivée de Jésus, des fidèles étendent à terre leurs manteaux en signe de respect et pour rendre le chemin plus uni et plus aisé. L’entrée à Jérusalem Comme l’illustre bien l’exemple de l’âne, Giotto est très attentif à la cohérence figurative des fresques de la chapelle des Scrovegni : la porte de Jérusalem vers laquelle se dirige Jésus est la même que celle par laquelle il sortira, portant la croix, pour monter au Calvaire.

Hommes, femmes et enfants à droite de la scène accueillent Jésus dans un mouvement laissant penser qu’ils se prosternent, une femme enlève son manteau. Tous sortent de la porte d’Or. Derrière Jésus les apôtres sont reconnaissables à leurs auréoles.

L’ânon est à peine visible, sa tête dépasse du manteau de saint Pierre ( ?)


Etude comparée avec une icone


Les innovations principales résident dans l’organisation mieux maîtrisée de l’espace, la tendance à individualiser les personnages et le sens aigu de la dramaturgie. Tout est subordonné à l’efficacité du récit : sobriété du décor réduit a quelques édicules architecturaux ou à quelques rochers, mise en scène privilégiant les instants chargés d’une intensité dramatique, que renforce le silence des regards singulièrement éloquents. Le ciel bleu remplace le fond doré des icônes, la couleur bleue fait son entrée ! C’est une rupture avec les représentations de l’époque. Les proportions ne sont pas encore respectées, elles le deviendront avec le mouvement de la renaissance qui s’engage.

Jésus assis comme sur un trône ou à califourchon. Les seules différences concernent la façon dont Jésus est assis sur l’âne, en Orient jésus est assis comme sur un siège, en Occident Jésus est à califourchon. Le modèle oriental se poursuit en Sicile au XIIe s. Les branches d’oliviers ne sont plus les palmes : La palme est une branche du palmier. Elle symbolise l’espérance, la gloire, la victoire, la tempérance. Le modèle occidental se renforce avec Giotto : réalisme et hiératisme, apparition des femmes, place importante donnée à l’ânesse et son ânon. Une image de grandeur dans l’humilité, de force dans la simplicité, Giotto est le peintre d’Assise, esprit de Saint François. 


3 ENTREE DE JESUS A JERUSALEM de DUCCIO, 1308

Musée de l’œuvre de Sienne panneau peint par DUCCIO DI BUONINSEGNA

D’après un ensemble de panneaux décrivant la vie du Christ


Extrait du livre : Maîtres de l’art italien

La scène est inhabituelle en raison de l’attention accordée au paysage, riche en détails. La route pavée, la porte de la ville et ses remparts, les embrasures des murs, les tours élancées et le bâtiment polygonal de marbre blanc témoignent d’une mise en page remarquablement réaliste.

Le panneau de Duccio est une reproduction fidèle à la description de Jérusalem dans le livre V de l’historien juif. La photographie infrarouge durant la restauration a révélé plusieurs changements dans la zone située autour de l’arbre au centre et autour de la route. Florens Deuchler a suggéré que cette scène tire sa source d’un travail historique du premier siècle après JC, le “ De Bello Judaico » de Flavius Josèphe, très connu au Moyen-Âge.

Un bâtiment polygonal en marbre probablement un baptistère déjà vu dans un scène de la passion de DUCCIO s’lève dans le ciel de Jérusalem, on voit également s’élancer une tour haute d’un palazzo comunale. Jérusalem est représentée comme la plupart des villes de l’époque. La perspective n’est pas encore maîtrisée mais l’effet de distance est là.

Les personnages qui peuplent le tableau sont représentés à une échelle donnant l’effet de perspective. Tous veulent voir l’arrivée de jésus !

Le petit arbre, flétri et sans feuilles à l’arrière de la tête du Christ, est le figuier qu’il a trouvé sans fruits et qu’il a maudit.  


4 ENTREE DE JESUS A JERUSALEM de Nicolas POUSSIN

L’œuvre présentée n’est pas la plus connue de Nicolas POUSSIN

Elle se trouve au musée des beaux arts de Nancy par le don de Mme la baronne de Jankowitz en 1866



CONTEXTE ARTISTIQUE HISTORIQUE


Rome est au XVIIème siècle, la capitale de l’art. Les transformations apportées par les papes dans l’architecture et l’urbanisme à la Ville éternelle. Le prestige, la grandeur des monuments et des œuvres de l’Antiquité tout attire les artistes tout autant que le mécénat de l’Eglise, des familles princières et de l’aristocratie.

De nombreux artistes de toute l’Europe, curieux des nouveautés dont le Caravage …, l’éclectisme des Carrache... les flamands Rubens et Van Dyck, les français Simon Vouet, Claude Lorrain et Jean de Boullongne et Nicolas POUSSIN, s’établissent à Rome.

Au début du XVIIème siècle, soit bien avant la fondation de l’Académie royale de peinture et de sculpture, l’essentiel de la colonie française établie à Rome est composée de jeunes gens venus achever leur formation en étudiant les œuvres antiques ainsi que les peintures et les sculptures des artistes italiens contemporains, avec la ferme idée – à laquelle certains ne tiendront pas – de retourner faire carrière dans leur pays au terme de quelques mois ou de quelques années de séjour.


L’AUTEUR


  • 1594 : Naissance près des Andelys (Normandie, France)
  • 1624 : Arrivée à Rome, 1ère commande importante pour Saint-Pierre. Le peintre trouve surtout son inspiration dans des sujets poétiques > L’Inspiration du Poète
  • 1630-1640 : 1ère période romaine. À la suite d’une maladie suivie d’un mariage, il abandonne les grandes compositions des commandes publiques et se concentre sur des toiles plus petites, réfléchies et réservées à son cercle de collectionneurs (L’Empire de Flore, L’Enlèvement des Sabines, la Manne, 1ère série des Sept Sacrements)
  • 1640-1642 : Séjour à Paris sous la pression de Louis XIII et Richelieu
  • 1642 : Retour (définitif) à Rome

Victime d’intrigues de peintres jaloux, dont Le Mercier architecte du roi et un autre peintre Simon Vouet, Nicolas POUSSIN s’s’installe modestement au Mont Pincio (au dessus place du peuple) Il ne quittera plus la Ville éternelle.

La période qui suit est la plus féconde de sa carrière, d’où ressortiront les plus parfaites expressions du classicisme français.

Il préfère désormais, dans les thèmes religieux, le Nouveau Testament et les sujets fondamentaux des Evangiles – la Sainte Famille, la crucifixion, la mise au tombeau – et exploite les variations autour de la victoire de la volonté sur les passions des historiens romains stoïciens.

  • 1642-1650 : Véritable période classique de Poussin, qui recherche désormais la concentration des effets plus que leur richesse > 2de version des Bergers d’Arcadie, 2de série des sept Sacrements, Eliézer et Rebecca…
  • 1650-1665 : Le paysage prend une place prépondérante dans ses dernières œuvres, où la nature revêt un caractère nouveau : elle n’est plus ordonnée et soumise aux lois de la raison mais sauvage, envahissant le tableau où l’homme occupe une place de plus en plus négligeable > Les Quatre Saisons – synthèse de son style tardif, Paysage avec Diane et Orion
  • 1665 : Décès à Rome, il y est enterré dans la basilique San Lorenzo in Lucina à Rome

Dès sa mort, plusieurs écrivains se mettent à rédiger sa biographie. Giovanni Pietro Bellori en 1672, Giovanni Battista Passeri 1685, Roger de Piles et Louis Henri de Loménie de Brienne. Poussin devient le modèle à suivre pour l’Académie royale de peinture et de sculpture qui a été entièrement réorganisée en 1665.


Pourquoi un tel succès ?

“La nouveauté dans la peinture ne consiste pas dans un sujet encore non vu, mais dans la bonne et nouvelle disposition et expression, et ainsi de commun et de vieux, le sujet devient singulier et neuf.”


L’entrée à Jérusalem - Nicolas Poussin


Poussin échappe à tous les critères habituellement applicables aux grands noms de la peinture. En mêlant épisodes religieux, souvent tirés de la bible, et sujets profanes, sortis de Virgile et d’Ovide, Poussin parvient à une synthèse inédite que réprouvent les jansénistes, que critique son confrère Philippe de Champaigne. Mais les jésuites et le cardinal de Bérulle, le fondateur de l’ordre des oratoriens, admettent que la tradition antique annonçait la Révélation et que des sages comme Platon avaient pressenti la vérité du Dieu unique.

Jésus organise son entrée en envoyant deux disciples chercher à un ânon celui-ci n’est pas représenté dans ce tableau.

Nous sommes dans Jérusalem et voyons Jésus arriver de face, ce qui n’est pas habituel.

Le tableau chez Poussin s’élabore selon une succession invariable d’étapes qui fait écho â (ordre des parties de l’ancienne rhétorique. Par une série de dessins où s’affine la visualisation de sa pensée, le peintre passe insensiblement de l’invention, formulation informelle du sujet, à la disposition, quand s’ordonnent les éléments du discours pictural. Des lignes sommaires, peu de détails, quelques valeurs au lavis suffisent à inventer la scène en ses traits généraux : une maquette en bois où Poussin dispose, à (aide de chevilles, des figures en cire lui permet ensuite de déployer dans un espace réel ce que les dessins préparatoires contiennent dans le plan de la feuille. Ici 3 plans (ciel, Jérusalem, hommes)

1 Le ciel est habité par des anges portant la croix, une tenture bleue flotte derrière eux.

Jésus habillé de rouge et de bleu, monté sur un âne approche de la porte d’Or de Jérusalem, Le messie qui entre dans la ville est un messie humble : il est assis sur un ânon, suivi des apôtres (au moins cinq).

2 Les portes de Jérusalem vont du ciel vers la terre, elles sont ouvertes en grand, celle de droite éclairée par une lumière douce (un rayon de soleil ?), la porte de droite est maintenues à gauche par un personnage vêtu de vert. Depuis la tête du personnage de gauche on peut tirer un trait séparant le ciel et les montagnes puis les remparts qui s’élèvent vers la droite.

Une foule contenue dans la moitié inférieure du tableau accueille le Christ.

3 Les sources de lumières sont multiples mais toutes semblent provenir d’un point unique. Le jeu de la lumière sur les corps, leur efficacité scénique sont ainsi mis à l’épreuve avant que s’ébauche le tableau sur une préparation blanche ou mêlée de rouge.

La lumière du ciel est douce à l’arrière de jésus et en fond de tableau, et très vive et contrastée sur Jésus et devant lui, la lumière est en marche.

Pour préparer son tableau Poussin façonnait de petites figurines de cire qu’il habillait de bouts de tissus et qu’il plaçait dans des décors de poupées de manière à trouver la meilleure composition possible dans un espace approprié. Chaque figure, chaque détail d’un tableau faisait également l’objet de nombreuses études préparatoire au dessin, Poussin accordant la primauté au dessin sur la couleur, à la différence d’un Rubens ou d’un Vermeer, ses contemporains. Ainsi le tableau peint relevait-il d’une réalité tridimensionnelle préalable, l’artiste usant de l’artifice de ces figurines de cire pour concevoir ensuite une image donnant l’illusion de la profondeur et de l’espace.

4 Le fond : nuages, montagne et le drapé de bleu ! ! !

La lumière divine et la robe de la Vierge sont représentées en bleu. Le roi s’habille en bleu (Philippe-Auguste, Saint-Louis). Les seigneurs les imitent, le bleu devient alors la couleur aristocratique. À partir du début de la Renaissance, Giotto di Bondone utilisera le bleu sur des peintures murales pour représenter le ciel à la place de la dorure. Le bleu accèdera peu après au rang de couleur divine, en symbolisant la fidélité, la chasteté, la loyauté, la justice et la foi. Au XVIIè siècle, les tableaux religieux du catholique puis janséniste Philippe de Champaigne comportent souvent des bleus lumineux, témoins de la lumière du ciel ; comme le belge et catholique Rubens, il montre une palette de couleurs chaude et forte ; alors que le calviniste Rembrandt a une palette plus sobre, avec des bleus effacés

Une fois la composition réfléchie, Poussin progresse diachroniquement sur la toile, inventant l’expression de ses personnages et précisant les détails qu’ignorent ses dessins, choisissant enfin ses couleurs au fur et â mesure. C’est la phase de l’élocution, durant laquelle, très lentement parfois, l’idée initiale resplendit.

Quelle joie plus grande au temps de Jésus, que de monter à Jérusalem pour les grandes fêtes de pèlerinage, en particulier celle de Pâques.

En chemin, il a plusieurs fois annoncé à ses disciples que Jérusalem est pour lui la ville de la Passion et de sa mort sur une croix. Il a pleuré avec amertume aussi sur la ville : "Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble sa couvée sous ses ailes… et vous n’avez pas voulu !" (Luc 13, 34).

La réputation de Jésus le précède.

La foule colorée accueille le Christ et les apôtre comme les romains le faisaient pour accueillir leur armée au retour d’une campagne victorieuse.

A Rome après une victoire, la ville entière, pleine de guirlandes et d’encens, était invitée à se presser pour acclamer le vainqueur de retour, lui tendre des feuilles de laurier, s’agenouiller devant lui. Les images transmettent ainsi ces cérémonies où l’on voit le prince à cheval, en costume militaire, le bras droit levé pour recevoir l’acclamation des foules. (ici Marc Aurèle)

Ce qui se passe en effet à l’entrée de la ville est comme une synthèse très forte des gestes et des paroles de Jésus tout au long de sa vie : il se présente en messie humble, ami des pauvres et des petits, proche aussi des pécheurs à qui il annonce la tendresse et le pardon de Dieu. Mais ses paroles et ses actes manifestent une liberté absolue, celle du Fils, lorsqu’il parle de Dieu comme de son père et qu’en son nom il pardonne.

Jésus est placé au centre, presque tous les regards sont tournés vers lui. Jésus est assis à califourchon sur l’âne, en Orient jésus est assis comme sur un siège, (en Occident Jésus est à califourchon.)

Le manteau rouge du Christ en fait le point de mire

Depuis des époques très anciennes, la couleur rouge a été en Occident associée à la mise en scène du pouvoir et du sacré. Dans les textes sacrés des Chrétiens, des Egyptiens, des Hébreux et des Arabes, cette couleur a toujours été associée au feu et à l’amour divin, et a symbolisé la divinité et le culte. C’est aussi celle du sang et du martyre, celle de la vie et de la vigueur, celle de l’autorité et de la beauté.

Les évangélistes racontent différemment cette scène. Jean dit simplement les choses : "Trouvant un ânon, Jésus s’assit dessus" (Jean 12, 14). Son récit porte en même temps une tonalité plus politique : les foules portent les "palmes" que l’on retrouve par exemple sur les pièces impériales. Marc sur ce point a des mots simples : les foules prennent "des feuillages qu’ils coupaient dans la campagne" (Marc 11, 8). Chez Matthieu ce sont "des branches" qui rappellent les fêtes de la Dédicace du temple.

Ainsi Jésus entre dans la ville de Dieu. Déjà au temps des mages, Hérode s’indignait et tremblait (Matthieu 2, 3). C’est désormais le front du refus. Jésus aura maille à partir avec les grands prêtres et les scribes. La confrontation sera forte, l’évangile le dit en plusieurs chapitres très vifs, qui s’achèveront par la croix… Et le troisième jour, la résurrection, le signe le plus fort de Dieu.

Le Messie humble

Déjà il l’avait dit aux foules en peine : "Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur" (Matthieu 11, 28-30). Ceux qui l’entourent à l’entrée dans la ville de Dieu, ce sont les foules, les petits et les pauvres, qui le reconnaissent et l’acclament. Or Matthieu plus que les autres, le montre : "oui, c’est "le Seigneur" qui vient. Du temple et de toute vie il attend la miséricorde et non les sacrifices" (Osée 6, 6 ; cité deux fois par Matthieu : Matthieu 9, 13 ; 12, 7).

Grands prêtres et scribes veulent faire taire les foules. Mais Jésus s’y oppose. Et Luc a même ici un mot terrible et fort : "Maître, disent-ils, arrête tes disciples !" Mais il leur répond : "Je vous le dis : s’ils se taisent, les pierres crieront" (Luc 19, 39). Et le lecteur lui-même, lisant ces lignes, est amené à se prononcer lui aussi, sur le Messie humble.

Les personnages sont vêtus de vert, bleu orange

Bien que moins brutal que le rouge, l’orange est vif. Il évoque le feu, le soleil, la lumière et la chaleur. C’est une couleur chaude, intime, accueillante.

Le vert est techniquement une couleur instable, difficile à fabriquer et à maîtriser. Ce n’est qu’à partir du xviie siècle qu’il perdra ce caractère turbulent, alors qu’il était considéré jusqu’alors comme une couleur excentrique en Europe, excepté en Allemagne. Le vert est alors symboliquement la couleur de l’instabilité représentant ce qui bouge, ce qui change, ce qui varie. Les jongleurs et les bouffons s’habillent en vert. Les jeux d’argent s’organisent sur tables tapissées de vert. Elle représente la chance, l’infidélité, la jalousie et l’immaturité.

Pas de palmes mais des tapis placés sur la route, les palmiers sont placés derrière le Christ, sous les remparts de Jérusalem

Le peintre, qui travaillait seul, méditait longuement ses compositions. Regarder ses tableaux, école du regard, exige de la patience avant de se laisser gagner par la beauté, la noblesse, la paix intérieure.




Comme toutes nos réunions, nous nous sommes retrouvés à la messe à Saint Léon.

Après un premier temps de prière, Jacques nous a parlé de l’importance primordiale qu’est l’unité de vie pour un chrétien. Il s’est appuyé sur "retrouver le sens du politique" écrit à la suite de la conférence des évêques de France en 2016. Des points annexes ont été évoqué tel que l’Espérance.

Dans un contexte actuel incertain et proche des élections présidentielles c’était très intéressant de réfléchir sur le sens profond de notre vocation en tant que chrétien, ainsi que l’importance et le devoir que nous avons à prendre place au sein de la société.

Cette soirée a été particulièrement joyeuse, avec des moments de partage, de réflexions, et d’intentions confiées très profondes.

Notre rencontre s’est clôturée par un moment de méditation individuelle puis par le chant des vêpres, Nous nous sommes donc séparés toujours dans la bonne humeur, mais revigorés spirituellement et humainement.

Maud


Samedi 22 avril à 15h à Saint-Epvre : temps de prière et de chants . Goûter.

Comme vous le voyez sur la photo, il y a de la place, venez nous rejoindre !





Samedi 6 mai à 15h : Visite de la vieille ville avec Stéphane Laventure, passionné d’histoire, qui sera notre guide. Rendez-vous au pied de la statue de Stanislas.












Mercredi 17 mai à 14h à la maison : Temps d’enseignement sur Job par Jean-Gabriel Vallas. Goûter. Propositions pour les rencontres suivantes.










Pour chacune de ces dates, invitons, invitez celles et ceux qui sont tristes, isolés, démunis. Si chacun venait accompagné d’une autre personne, ce serait bien !






Cet après-midi, ils étaient un bon groupe ( 17 personnes) à suivre Jean- Gabriel à travers la Basilique Saint-Epvre. Ils ont commencé la visite sur le parvis. Jean-Gabriel a fait observer que l’édifice s’élançait vers le ciel ainsi que le font les prières des hommes. Il a insisté sur la figure de Marie, porte du ciel, dont la statue se trouve au milieu des deux portes principales et invite elle aussi à élever les cœurs vers le Seigneur.

Puis il les a guidés a travers toute la Basilique. Ils ont écouté, religieusement bien sûr.

Devant l’autel de Marie, ils ont marqué un temps d’arrêt et de prière pour confier à la Vierge les intentions de leur cœur et ont récité ensemble un “Je vous salue Marie”. Après avoir remercié Jean-Gabriel pour sa belle présentation et le travail qu’il avait réalisé, ils se sont retrouvés pour partager un café et une salade de fruits. C’est une jeune femme qui vient le dimanche soir chercher repas et amitié sous la tente de l’Ordre de Malte qui les a servis. Elle a demandé : “Je peux vous servir ? Ça me ferait tellement plaisir !”

Une gargouille.



Chers amis,

Lors du dernier cenacolo, nous avons surtout échangé sur le film Silence qui nous avait tous impressionnés.

Du coup, nous n’avons pas eu le temps de parler du livre de Martin Steffens Rien que l’amour, repères pour un martyre qui vient.

A la fin de la rencontre, il a été décidé qu’il serait intéressant de poursuivre notre échange sur "le martyre qui vient".

En plus des extraits que nous avait préparés Catherine, je vous envoie quelques liens courts.

Nous pourrons commencer en priant avec l’évangile du jour : l’homme riche et le pauvre Lazare.

A bientôt, bien amicalement

Monique

A écouter : une émission sur le livre de Martin Steffens, sur Radio Vatican (suivre le lien)




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Offices

Messe du dimanche

(à la basilique toute l'année)
Dimanche à 9h30
Dimanche à 11h

Messe anticipée

Samedi à 18h30

Messes de Semaine

Lundi : 18h30 suivie de l'adoration du St Sacrement jusque 19h45
Du mardi au vendredi : 08h30
Mercredi soir : 18h30
Samedi : 8h30 (messe selon le missel de Paul VI en langue latine)

Temps de prière

Lundi soir

Après la messe de 18h30 (19h15 environ) jusque 19h45 :
Adoration du Saint-Sacrement.

Du mardi au samedi :

8h10 : office du matin (laudes)
12h -12h30 : oraison silencieuse

Vendredi de 11h30 à 12h30 :

adoration du Saint-Sacrement

Dimanche :

8h15 - 8h45 : oraison silencieuse
8h45 : office du matin (laudes

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lundi, 19h15 - 19h45
vendredi, 11h30 - 12h30.

Samedi : 16h30 -18h
(à la Basilique toute l’année)